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Patrimoine religieux

Patrimoine religieux

Champniers dispose de deux édifices religieux.

Lʼéglise de Champniers est placée sous la protection de sainte Eulalie. Plutôt ignorée dans le reste de la France, la sainte est relativement populaire dans les régions du sud-ouest et surtout en Espagne où elle est lʼune des martyres les plus vénérées (martyrisée en 304 sous Dioclétien).


L'église Sainte-Eulalie de Champniers fut construite au XIIème siècle.

Peu de documents concernent directement l'église de Champniers. Elle est mentionnée en 1110, quand elle est unie au chapitre cathédral. Puis le 4 décembre 1621, quand une ordonnance épiscopale provenant de Notre Dame d'Angoulême l'unit avec Brie, son annexe, à l'Abbaye de Saint Ausone d'Angoulême. Celle-ci en prend possession le 26 décembre de cette même année.

L'église Sainte Eulalie de Champniers fut construite au XIIè siècle, remplaçant une église plus ancienne, citée le 14 Avril 1110 dans la bulle du pape Pascal II.

Mais il semblerait que l'édifice roman élevé dans le bourg de Champniers, n'est pas l'Accélésia Catmario (église de Champniers) citée dans la bulle du pape Pascal II en 1110. L'actuelle église Sainte Eulalie fut édifiée d'est en ouest en une seule campagne de construction qui débuta en milieu du XIIè siècle et s'acheva dans le troisième quart de ce même siècle, comme l'atteste sa sculpture.

Lʼédifice roman présente un plan en croix latine : nef unique, transept à chapelle, et chevet en hémicycle.
La coupole de la croisée du transept est portée par des colonnes aux chapiteaux sculptés qui forment une frise ininterrompue. Cette riche ornementation est inspirée de la sculpture de la cathédrale dʼAngoulême ; notamment les cavaliers combattant des dragons. La similitude de style permet de situer l'exécution du décor dans les années 1130.
Sept belles fenêtres à double voussure éclairent ce sanctuaire où agonise un christ en bois du XVIIIè siècle. Près de lui s'épanouit la couronne de Sainte Eulalie, c'est-à-dire la suite des chapiteaux richement décorés qui ornent la croisée, les passages et les colonnettes des fenêtres de l'abside.

Des passages pratiqués dans les bras du transept permettent de faire communiquer la nef et le sanctuaire sans franchir l'espace sous la coupole. Cette curiosité architecturale se retrouve dans quelques églises romanes charentaises : Lichères, Mouthiers, Nonac, abbaye de Puypéroux, etc.
A lʼextérieur, le décor soigné du chevet en hémicycle est représentatif des églises romanes de lʼAngoumois : les contreforts plats et les arcades rythment le parement ; la corniche ornée de modillons souligne la toiture. Celle-ci est couverte de pierres plates, appelée lauzes, plutôt rares en Charente.
Si la façade romane a disparu, le tympan dʼorigine a en revanche été épargné. Il est aujourd'hui conservé à la Société Archéologique et Historique de la Charente (à Angoulême).

Plusieurs modifications eurent lieu au cours du temps :

  • Au XIIIè siècle : adjonction d'un voûtement gothique et remaniement des "passages" dans la nef.
  • Au XVè siècle construction d'une petite chapelle gothique accolée au nord de la nef.
  • Au XVIIè siècle la partie haute du clocher a été remaniée.
  • En 1777 une importante restauration eut lieu comme l'atteste un acte capitulaire. Le toit de la nef de l'église, dont une partie s'était écroulée par la rupture d'une pièce portante de la charpente, fut réparé. D'autres réparations dont on ne connaît pas la nature furent également réalisées.
  • La paroisse de Champniers, maintenue en 1803 fut mise à la charge de la commune.
  • En 1862-63, la vieille façade romane fut détruite. Sans en connaître las raisons, une minute parue le 28 octobre 1863 indique que le Maire de Champniers vendit les matériaux provenant de cette démolition. Malgré cela, quasiment 1 siècle après les derniers travaux, débuta une importante campagne de restauration de l'église sous la conduite de l'architecte Edouard Warin. La façade détruite fut entièrement reconstruite dans un style permettant à l'édifice de conserver à l'extérieur son identité romane. Les murs latéraux et les deux travées occidentales de la nef, ainsi que le voûtement de des deux mêmes travées, en très mauvais état, furent également refaits. Après ces travaux, l'architecte Edouard Warin, n'envisagea pas la réutilisation du tympan sculpté de la façade. Il fut déposé avec deux chapiteaux et remis au Musée de la Société Archéologique de la Charente à Angoulême en 1915 après le classement de l'église en tant que Monument Historique en 1913.
  • Au début du XXè siècle des réparations dénaturèrent les volumes du chevet. Il fut décidé de rendre à la couverture son apparence d'origine. Les travaux commencèrent en 1982 sous la conduite de Monsieur Oudin, architecte en chef des Monuments Historiques, elle fut définitivement classée aux Monuments Historiques en 1992.

Conservée et régulièrement entretenue, nous pouvons aujourd'hui admirer cette église qui est un témoin de l'architecture romane en Angoumois.


VIVILLE, CHAPELLE DES LEPREUX (ou Chapelle Saint Roch) chapelle de viville.jpg


La chapelle des Lépreux appelé improprement "chapelle des Templiers" date du 16è siècle (1ère trace vers 1523). Elle a été bâtie par l'ordre des Hospitaliers et dédiée à Saint Roch, le protecteur des épidémies.

Erigée dans une clairière, au milieu de la forêt, le long du ruisseau et de l'ancienne voie romaine qui reliait Limoges à Angoulême, la petite chapelle (L : 9,50m, l : 6,50m, h : 3,60m au pignon) a la particularité d'avoir une façade percée de fenêtres en pierre qui étaient grillagées et un reste d'auvent. Par ces fenêtres, les lépreux pouvaient suivre l'office de l'extérieur sous un auvent de bois d'environ 3m (qui a disparu aujourd'hui), sans être mélangés aux fidèles se trouvant à l'intérieur. Il est probable qu'on leur faisait la charité en leur donnant à manger par ces mêmes fenêtres. Suivant des règles impératives du Moyen Age, ils devaient être assez éloignés des habitations humaines pour éviter les risques de contagion mais néanmoins suffisamment proche pour permettre aux grands malades un court déplacement aux heures des offices.

La tradition affirme que l'un de ces malheureux, mort durant l'office, aurait été enterré à l'angle du jardin mitoyen.

La chapelle des Lépreux à Viville a été restaurée en 1990 et se trouve aujourd'hui dans un agréable parc de loisirs, où jeunes et moins jeunes viennent ici flâner pour se détendre et se rencontrer.

Ce parc, bordé par les méandres du ruisseau "le Viville", s'étend jusqu'à une pièce d'eau ou petit étang qui n'est autre qu'une retenue d'eau réalisée en 1955 par l'armée américaine lorsqu'elle occupait le camp de la Braconne et qui leur servait de réserve d'eau en cas d'incendie.

La cloche d'origine du campanile, très belle a été volée en 1907. Les habitants se plaignaient qu'ils ne savaient plus les jours où Monsieur le curé venait dire la messe et qu'ils n'avaient aucun moyen d'appeler au secours en cas d'incendie ou de calamité publique. Monsieur le curé faisant droit à ces réclamations a lancé une souscription qui a produit l'argent nécessaire pour l'achat d'une nouvelle cloche. La cloche d'origine a été remplacée en 1912 et fut entourée de grillage pour éviter un nouveau vol. Après avoir été mise hors d'usage pendant de nombreuses années, elle fonctionne à nouveau.

A l'intérieur de la Chapelle, deux tableaux de grandes dimensions, fixés au mur, représentent :

  • A gauche, Saint Roch et son chien.
  • A droite, la passion du Christ. Ce tableau est assez controversé. Il semblerait qu'à droite y figure, accompagné de l'Evêque d'Angoulême qui lui imposerait pénitence -main sur l'épaule - pour un gros péché, Arnault de Viville seigneur de Champniers (dont le château du Breuil fut détruit sous la Révolution). (Ces deux tableaux ont été restaurés en 2009).

En 1933, la Chapelle, menaçant de s'effondrer par suite de sa toiture en très mauvais état, il s'agissait d'y porter remède. Une collecte a été organisée parmi les habitants de Viville. Elle a rapporté 600 francs, avec cette somme on a refait la toiture et remplacé les planches à l'intérieur.

En 1949 de la même façon, la voute s'étant affaissée, la générosité des habitants de Viville et de la municipalité permit sa remise en état

Elle fut restaurée dernièrement en 1989-1990, et la toiture refaite en 2010.

Cette Chapelle avait également la particularité d'appartenir aux habitants du hameau de Viville jusqu'en 2005 où elle a été intégrée dans le domaine communal au même titre que d'autres « communs » dans les villages par délibération du Conseil Municipal.